Diabète : comprendre la maladie et la vivre au quotidien
Dans le monde, plus de 800 millions d'adultes vivent avec un diabète. Ce nombre a été multiplié par quatre depuis 1990 : la prévalence mondiale chez l'adulte est passée d'environ 7 % à 14 %, soit près d'un adulte sur sept1,2. Maladie chronique caractérisée par un excès de glucose dans le sang, le diabète demande un suivi rigoureux et une attention au quotidien : alimentation, activité physique, traitements, prévention des complications. Acteur majeur en Europe de l'accompagnement des personnes vivant avec un diabète, Air Liquide Healthcare aide les patients à mieux comprendre leur maladie et à la gérer au quotidien, aux côtés de leur équipe soignante.
- Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une hyperglycémie due à un défaut de production ou d'utilisation de l'insuline.
- On distingue deux formes principales : le diabète de type 1 (auto-immun, environ 5 à 10 % des cas) et le diabète de type 2 (le plus fréquent, plus de 90 % des cas). S'y ajoutent le diabète gestationnel, le diabète de type 3c (pancréatogénique) et des formes plus rares (LADA, MODY, diabètes secondaires)3,4,5.
- L'OMS estime à 828 millions le nombre d'adultes vivant avec un diabète en 20221,2.
- Le diabète ne se guérit pas mais se contrôle par l'hygiène de vie, des médicaments, l'insulinothérapie et un suivi régulier ; une rémission est possible dans certains diabètes de type 2 débutants3,6.
- Le suivi à domicile, assuré par les prestataires de santé à domicile (PSAD) en lien avec le diabétologue, facilite l'appropriation du traitement au quotidien et contribue à améliorer la qualité de vie du patient.
Qu'est-ce que le diabète ?
Une maladie chronique de la régulation du glucose
Le diabète est une maladie chronique qui se définit par une élévation anormale et prolongée du taux de glucose dans le sang, appelée hyperglycémie. Chez une personne en bonne santé, l'organisme utilise le sucre issu de l'alimentation comme principale source d'énergie pour ses cellules. Chez les personnes vivant avec un diabète, l'assimilation du glucose est altérée, ce qui provoque une accumulation de sucre dans la circulation sanguine. Sans prise en charge adaptée, cette maladie peut s'aggraver progressivement et entraîner des complications ; à l'inverse, un diabète bien équilibré permet de vivre pleinement et de prévenir ces complications.
Le rôle de l'insuline
La régulation de la glycémie, c'est-à-dire du taux de sucre dans le sang, dépend principalement d'une hormone sécrétée par le pancréas : l'insuline. Elle agit comme une clé permettant au glucose de pénétrer dans les cellules musculaires ou graisseuses pour y être utilisé ou stocké. Dans le diabète, le pancréas ne produit plus d'insuline, n'en produit pas en quantité suffisante, ou bien l'organisme y devient résistant. Lorsque l'insuline est absente, insuffisante ou inefficace, le glucose ne peut plus entrer dans les cellules et s'accumule dans le sang.
Le diabète en chiffres
La prévalence du diabète progresse au niveau mondial. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 828 millions d'adultes vivaient avec cette maladie en 20221,2. En France, plus de 4,3 millions de personnes étaient prises en charge pour un diabète de type 1 ou 2 en 2022 selon la Cour des comptes ; parmi elles, environ 3,8 millions (soit 5,6 % de la population) étaient traitées pharmacologiquement en 2023 selon Santé publique France4,7. À l'échelle mondiale, le diabète et les maladies rénales associées ont causé plus de 2 millions de décès en 20218. Le dépistage précoce du diabète est un enjeu de santé publique prioritaire.
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828 millions d'adultes
vivaient avec cette maladie en 2022
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14 in 100 adults live with diabetes
in the world1,2
Les différents types de diabète
Symptômes et diagnostic du diabète
Les signes qui doivent alerter (syndrome cardinal)
Les symptômes du diabète, regroupés sous le nom de syndrome cardinal, apparaissent surtout lorsque la glycémie est très élevée. Les signes d'alerte classiques sont :
- une soif intense (polydipsie) et des urines fréquentes et abondantes (polyurie) ;
- une fatigue anormale et persistante ;
- un amaigrissement rapide et inexpliqué malgré un appétit conservé, particulièrement évocateur d'un diabète de type 1 ;
- D'autres symptômes tels que des troubles de la vision ou une cicatrisation lente des plaies sont aussi parfois observés.
Il est important de noter que le diabète de type 2 reste souvent longtemps asymptomatique, ce qui retarde son diagnostic et expose à des complications précoces5.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic du diabète repose sur un dosage biologique du glucose. Selon l'OMS et l'American Diabetes Association, il peut être posé selon quatre critères :
- une glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L) ;
- une glycémie ≥ 2 g/L (11,1 mmol/L) deux heures après une hyperglycémie provoquée orale (75 g de glucose) ;
- une hémoglobine glyquée (HbA1c) ≥ 6,5 % (48 mmol/mol), mesurée par une méthode standardisée ;
- une glycémie ≥ 2 g/L (11,1 mmol/L) à tout moment de la journée en présence de symptômes évocateurs.
En l'absence de symptômes francs, le diagnostic doit être confirmé par un second dosage5,13.
L'HbA1c : l'indicateur clé du suivi
L'hémoglobine glyquée (HbA1c) est la pierre angulaire du suivi du diabète. Contrairement à la glycémie, qui reflète le taux de glucose à un instant donné, l'HbA1c reflète la moyenne des deux à trois derniers mois3,18. Exprimée en pourcentage, elle permet de vérifier que le traitement est adapté. Pour de nombreux adultes, l'objectif est une HbA1c inférieure à 7 %, mais cette cible doit être individualisée : plus stricte chez le sujet jeune sans comorbidité, plus souple chez la personne âgée ou fragile ou à risque d'hypoglycémie3,18.
Chez les personnes utilisant un capteur de glucose, le suivi s'appuie aussi sur le temps passé dans la cible (TIR, pour Time in Range) : l'objectif est de passer plus de 70 % du temps entre 70 et 180 mg/dL, et moins de 4 % du temps en dessous de 70 mg/dL14.
Les complications du diabète
Complications microvasculaires : œil, rein, nerfs
Sur le long terme, une hyperglycémie chronique endommage les petits vaisseaux sanguins, entraînant des complications microvasculaires :
- les yeux, avec la rétinopathie diabétique, principale cause de cécité chez les adultes en âge de travailler (20–74 ans) dans les pays industrialisés si elle n'est pas traitée à temps 15,19;
- les reins, avec la néphropathie diabétique, qui peut conduire à une insuffisance rénale sévère ;
- les nerfs périphériques (neuropathie), responsables de douleurs, de fourmillements ou d'une perte de sensibilité, en particulier au niveau des membres inférieurs.
Complications macrovasculaires : cœur, cerveau, artères
Le diabète accélère aussi le vieillissement des gros vaisseaux (complications macrovasculaires) par l'accumulation de dépôts sur la paroi des artères. En l'absence d'équilibre glycémique, le risque cardiovasculaire est augmenté : angine de poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral (AVC)16.L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs entraîne une mauvaise irrigation des jambes, avec moins d'oxygène dans les tissus et une cicatrisation réduite en cas de blessure.
Le pied diabétique
Le « pied diabétique » résulte de la combinaison d'une mauvaise circulation sanguine (artériopathie) et d'une perte de sensibilité (neuropathie). En cas de blessure (coupure, ampoule, frottement), la douleur n'est pas ressentie et la plaie n'est pas soignée à son stade initial. La mauvaise irrigation ralentit la cicatrisation, et la plaie peut s'infecter, se creuser et évoluer vers un ulcère, voire, en dernier recours, une amputation en cas de gangrène.
Pourquoi un suivi régulier est essentiel
Ces complications sont en grande partie évitables grâce à une prise en charge proactive :
- maintenir l'équilibre glycémique, la tension artérielle et le cholestérol dans les valeurs cibles 3,16 ;
- dépister précocement toute atteinte par un suivi régulier : bilan annuel et consultations chez l'ophtalmologue, le néphrologue, le cardiologue et le podologue.
Comment se traite le diabète ?
Les mesures hygiéno-diététiques
Pour le diabète de type 2 en particulier, les mesures hygiéno-diététiques constituent le premier pilier de la prise en charge3. Elles consistent à adopter une alimentation équilibrée et diversifiée, en limitant les sucres rapides et les graisses saturées, associée à une activité physique régulière et adaptée comme la marche, la natation ou le vélo.
L'exercice et la perte de poids, même modeste, améliorent la sensibilité à l'insuline ; les muscles consomment du glucose et les aliments riches en fibres ralentissent l'absorption des sucres.
Les médicaments antidiabétiques
Lorsque l'hygiène de vie ne suffit pas, des antidiabétiques oraux ou injectables non insuliniques sont prescrits. Plusieurs classes thérapeutiques agissent par des mécanismes complémentaires :
- les biguanides (metformine), qui augmentent la sensibilité à l'insuline et réduisent la production de glucose par le foie ;
- les insulino-sécréteurs (sulfamides hypoglycémiants, glinides), qui stimulent la sécrétion d'insuline ;
- les inhibiteurs de SGLT-2 (gliflozines), qui favorisent l'élimination du glucose dans les urines ;
- les inhibiteurs de l'alpha-glucosidase, qui ralentissent l'absorption intestinale des sucres ;
- les thérapies des incrétines : inhibiteurs de la DPP-4 (gliptines, oraux) et analogues du GLP-1 ou co-agonistes GIP/GLP-1 (injectables), qui stimulent la sécrétion d'insuline en cas d'hyperglycémie, réduisent celle du glucagon et ralentissent la vidange gastrique, diminuant l'appétit.
Les recommandations françaises et européennes récentes positionnent précocement les inhibiteurs de SGLT-2 et les analogues du GLP-1 chez les patients présentant une maladie cardiovasculaire, une insuffisance cardiaque ou une maladie rénale chronique, en raison de leur bénéfice cardio-rénal démontré, indépendamment de l'HbA1c3,16. À noter : les thiazolidinediones (glitazones) ne sont plus commercialisées en France — la rosiglitazone a été retirée du marché européen en 2010 et la pioglitazone suspendue en France en 2011 ; cette classe ne fait donc plus partie de l'arsenal thérapeutique français17.
L'insulinothérapie et les pompes à insuline
L'insulinothérapie compense le défaut de sécrétion d'insuline par une administration sous-cutanée de l'hormone, afin de stabiliser la glycémie. C'est un traitement vital dans le diabète de type 1, et peut être nécessaire dans le diabète de type 2 avancé ou le diabète gestationnel. L'insuline est administrée par seringues, stylos préremplis ou pompes. Les pompes, dites avec “tubulures” ou sous forme de patch, sont portées en continu et délivrent l'insuline selon deux modes :
- un débit basal programmé
- des bolus déclenchés lors des repas ou pour corriger une hyperglycémie.
Les pompes évitent les injections répétées (le dispositif n'est remplacé que tous les deux à trois jours), offrent une grande précision de dosage et s'adaptent aux imprévus. Elles allègent la charge mentale et améliorent le confort de vie. Leurs bénéfices cliniques sont démontrés : amélioration de la stabilité glycémique, augmentation du temps passé dans la cible et réduction des hypoglycémies sévères14.
L'autosurveillance et la mesure du glucose en continu (MCG)
Le suivi du taux de glucose est indispensable pour adapter les doses. Les lecteurs classiques nécessitent une piqûre au bout du doigt pour mesurer la glycémie (taux de glucose dans le sang). Les systèmes de mesure du glucose en continu (MCG, en anglais CGM pour Continuous Glucose Monitoring) ont transformé cette surveillance : un mini-capteur placé sous la peau (sur le bras ou l'abdomen) mesure le glucose dans le liquide interstitiel, et non dans le sang. La mesure portant sur le liquide interstitiel, il existe un léger décalage (environ 5 à 10 minutes) avec la glycémie, surtout lors des variations rapides14,20.
Un transmetteur envoie les données en temps réel vers un récepteur ou un smartphone. Certains systèmes intègrent des alarmes qui avertissent avant une hypoglycémie ou une hyperglycémie. Disposer d'un capteur de glucose en continu favorise un meilleur équilibre du diabète et améliore considérablement la qualité de vie14.
La boucle fermée hybride "pancréas artificiel"
La boucle fermée hybride représente une avancée majeure dans la gestion du diabète de type 1. Elle associe une pompe à insuline, un capteur de mesure du glucose en continu et un algorithme. Celui-ci analyse les données du capteur et anticipe l'évolution du glucose pour ajuster de façon semi-automatique l'administration d'insuline. Le terme « hybride » signifie que le système n'est pas totalement autonome : le patient doit déclarer ses glucides et son activité physique. Les études montrent une augmentation du temps passé dans la cible (70–180 mg/dL) et une réduction du temps en hypoglycémie, en particulier la nuit14,18. Ce système, très apprécié, peut toutefois être plus difficile à appréhender pour certaines personnes.
Vivre avec un diabète au quotidien
Alimentation, activité physique et vie sociale
Vivre avec un diabète implique une vigilance constante, qui ne doit pas empêcher une vie sociale riche. Contrairement aux idées reçues, les personnes vivant avec un diabète n'ont pas d'interdits alimentaires : l'enjeu est d'apprendre à évaluer la teneur en glucides des repas pour ajuster les doses d'insuline. Le sport est encouragé, y compris à haut niveau, avec une surveillance du glucose avant et après l'effort et une collation adaptée pour prévenir les hypoglycémies.
Les approches rigides et les listes d'« aliments interdits » se révèlent contre-productives : elles génèrent frustration et isolement, surtout chez les plus jeunes, et peuvent favoriser des troubles du comportement alimentaire.21 Les professionnels privilégient une approche bienveillante et globale : écoute active, attention à l'état émotionnel et rencontres entre pairs aident à surmonter la charge mentale de la maladie.
Au quotidien, une personne vivant avec un diabète prend un très grand nombre de décisions médicales et comportementales (souvent estimé à environ 180 par jour)25. Ce flux continu engendre une charge mentale qui, sous-estimée, peut conduire à un épuisement.
Témoignages de patients
Reconnaître et gérer hypoglycémie et hyperglycémie
Une hypoglycémie (glycémie inférieure à 0,70 g/L) peut se manifester par des sueurs, des tremblements, une faim soudaine ou une pâleur. La conduite à tenir est la « règle des 15 » : prendre 15 g de glucides (par exemple trois morceaux de sucre ou un verre de jus de fruit), puis recontrôler la glycémie 15 minutes plus tard et répéter si nécessaire.8,24. Lors d'une hypoglycémie sévère avec des troubles de la conscience ou des convulsions, rien de doit être donné à boire ou à manger par voie orale, pour éviter tout risque de fausse route (fausse déglutition). Une personne formée pourra administrer par injection de glucagon. Si la situation n'est pas maîtrisée, appeler immédiatement les secours.
À l'inverse, une hyperglycémie (excès de sucre dans le sang) peut provoquer une soif intense et des envies fréquentes d'uriner ; elle nécessite de s'hydrater et de corriger la glycémie par un bolus d'insuline selon la prescription. De plus, en cas d'hyperglycémie importante (supérieure à 2,50 g/L) ou persistante, il est recommandé de rechercher la présence de corps cétoniques à l'aide de bandelettes urinaires ou d'un lecteur de cétonémie. La détection de ces corps cétoniques signale un risque d'acidocétose diabétique, une complication nécessitant un avis médical rapide18.
Diabète et travail, voyages, grossesse
- en activité professionnelle, la pompe est réglée selon les contraintes (travail de nuit, stress) et les activités sociales, culturelles ou sportives ;
- lors d'un voyage, le prestataire de santé à domicile est informé en amont pour assurer la continuité du traitement ;
- une femme déjà diabétique et enceinte bénéficie d'un suivi spécifique dès la période préconceptionnelle, à distinguer du diabète gestationnel qui apparaît pendant la grossesse.
L'éducation thérapeutique pour devenir acteur de sa santé
L'éducation thérapeutique du patient (ETP) est fondamentale. Dispensée par les équipes soignantes pluridisciplinaires, elle est relayée au quotidien par les professionnels de santé, notamment les infirmiers des prestataires de santé à domicile.
- Elle comporte un volet technique (bonne utilisation de la pompe et du capteur, réaction face à une alarme ou une panne)
- un volet médical (comptage des glucides, anticipation des variations liées à l'activité physique, reconnaissance et gestion des hypo- et hyperglycémies).
Savoir adapter les doses en autonomie apporte de la sérénité et allège la charge mentale.
Accompagnement du diabète à domicile
Le rôle du prestataire de santé à domicile (PSAD)
Dans le cadre d'une insulinothérapie par pompe, le prestataire de santé à domicile (PSAD) intervient dès la prescription médicale, avant même la mise sous pompe. Il fait le lien entre l'hôpital et le domicile et accompagne le patient vers l'autonomie :
- avant l'hospitalisation, l'infirmier du PSAD assure une pré-formation à domicile, présente le matériel (pompe et capteur de glucose) et répond aux appréhensions ;
- à l'hôpital, il assiste le patient et l'équipe du centre initiateur (diabétologue, diététicienne) et explique le paramétrage de la pompe et la manipulation des consommables ;
- de retour à domicile, il assure un suivi rapproché (premier changement de cathéter, maîtrise des gestes), puis des visites régulières, avec un compte rendu transmis au diabétologue après chaque intervention. Il gère l'approvisionnement en consommables et propose une astreinte technique 24h/24 et 7j/7.
Par cet accompagnement de proximité, le PSAD soutient l'observance et prévient l'isolement face à la complexité de la maladie.
La coordination avec le diabétologue et l'équipe soignante
Le PSAD ne remplace ni le diabétologue de ville ni l'équipe hospitalière : il travaille en coordination avec eux, partageant les informations issues des conditions réelles de vie. Les visites programmées permettent de faire le point sur ce qui fonctionne et les difficultés, d'ajuster les consommables ou de réexpliquer un geste. À l'issue de chaque intervention, un compte rendu est transmis aux parties prenantes médicales (diabétologue, médecin traitant, équipe hospitalière).
L'apport du télésuivi
Les dispositifs médicaux connectés transmettent des données sur l'équilibre glycémique du patient, complétées par des indicateurs rapportés par le patient lui-même (comme sa qualité de vie), sur des plateformes sécurisées. Air Liquide Healthcare s'appuie sur des outils d’analyse de ces données pour identifier les tendances d'équilibre glycémique et permettre aux équipes d'adapter l'accompagnement de manière proactive, en lien avec le médecin. Ces résultats permettent d'identifier les patients nécessitant un suivi rapproché, d'intervenir rapidement et d'optimiser le temps médical. Le télésuivi s'inscrit dans une stratégie fondée sur la valeur en santé, au bénéfice du patient, des soignants et du système de santé.
La prise en charge par Air Liquide Healthcare
Un accompagnement centré sur la personne
En échangeant avec le patient sur ses besoins, ses contraintes et sa qualité de vie, nous personnalisons notre accompagnement pour l'aider à suivre son traitement au quotidien et vivre le plus pleinement possible. Au sein de ce programme,
- nous mettons à disposition les dispositifs médicaux de pointe,
- nous facilitons la mise en place de la thérapie prescrite, en l'adaptant au profil de vie du patient,
- nous assurons un suivi de proximité et une assistance technique réactive,
- en collaborant étroitement avec l'équipe soignante,
Les innovations (pompes, mesure du glucose en continu, boucle fermée hybride) simplifient la gestion du diabète, mais leur adoption implique un apprentissage parfois long pour les personnes âgées ou peu familières des technologies. Le rôle du PSAD est alors central pour former et accompagner l'appropriation de ces dispositifs.
Une stratégie multi-partenaires
Air Liquide Healthcare recherche les technologies émergentes pour faciliter l'accès des patients aux dispositifs de pointe et diversifie ses partenariats avec les fabricants et acteurs innovants. Ce portefeuille (pompes, capteurs de glucose, systèmes de boucle fermée hybride) est évalué au sein d'Explor!, notre centre d'expertise interne. Les données et caractéristiques techniques y sont analysées puis partagées avec les professionnels de santé pour les accompagner dans leur choix de dispositifs.
Nos programmes d'accompagnement
L'approche est holistique et co-construite avec les patients, y compris sur le bien-être émotionnel. Cela est particulièrement important, par exemple, pour l'adolescent qui quitte les soins pédiatriques. Le programme suit le parcours de soins :
- avant la mise sous pompe : évaluation des besoins et des craintes, modules d'apprentissage en ligne, auto-évaluation de la qualité de vie comme score de référence ;
- le premier mois : suivi rapproché (appels, visites), vérification des gestes techniques et du comptage des glucides, bilan à 30 jours, rencontres entre pairs ;
- sur le long terme : suivi trimestriel, rappel du dépistage des complications (yeux, reins, pieds), vigilance vis-à-vis de la lassitude thérapeutique, compte rendu transmis au médecin incluant résultats cliniques (HbA1c) et qualité de vie ressentie.
Notre stratégie de la valeur en santé
Présent dans le suivi du diabète depuis près de 25 ans, Air Liquide Healthcare noue des partenariats avec des acteurs innovants et développe des services autour des dispositifs médicaux et de l'accompagnement. Son approche évalue l'efficacité globale de la prise en charge en tenant compte des résultats de santé, de l'expérience du patient, de la satisfaction des médecins et du coût pour les systèmes de santé.
Questions fréquentes sur le diabète
Quelle est la différence entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2 ?
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune dans laquelle le pancréas ne produit plus d'insuline ; le plus souvent diagnostiqué chez l'enfant ou le jeune adulte (mais possible à tout âge), il nécessite de l'insuline à vie. Le diabète de type 2 (plus de 90 % des cas) apparaît le plus souvent après 40 ans et résulte d'une résistance à l'insuline ou d'une production insuffisante, liée à des facteurs génétiques et au mode de vie. 4,5
Quels sont les premiers signes d'un diabète ?
Les signes du « syndrome cardinal » sont une soif intense, des urines fréquentes et abondantes, une perte de poids rapide malgré un appétit conservé et une fatigue inhabituelle. Dans le diabète de type 2, ces signes peuvent être absents pendant des années, d'où un diagnostic souvent fortuit lors d'un bilan sanguin.
Quel taux de glycémie pour être diabétique ?
Le diabète est diagnostiqué si la glycémie à jeun est ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L) à deux reprises, si l'HbA1c est ≥ 6,5 %, si la glycémie 2 h après une HGPO est ≥ 2 g/L, ou si la glycémie est ≥ 2 g/L à tout moment en présence de symptômes. Une glycémie normale à jeun est comprise entre 0,70 et 1,10 g/L. 18,13
Le diabète est-il une affection de longue durée (ALD) ?
Oui. Les diabètes de type 1 et de type 2 sont reconnus comme affection de longue durée par l'Assurance Maladie, ce qui permet une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, selon les conditions définies avec le médecin traitant.23
Le diabète peut-il guérir ?
Le diabète est une maladie chronique qui se contrôle bien avec un traitement adapté ; en règle générale, il ne se guérit pas. Dans certains diabètes de type 2 débutants, un changement profond du mode de vie peut conduire à une rémission, définie par une HbA1c inférieure à 6,5 % maintenue au moins trois mois après l'arrêt des traitements hypoglycémiants. La rémission n'équivaut pas à une guérison et impose un suivi médical continu.6
Comment réagir face à une hypoglycémie ?
Qu'est-ce qu'un prestataire de santé à domicile (PSAD) ?
Un prestataire de santé à domicile intervient au domicile des personnes équipées de dispositifs médicaux comme une pompe à insuline ou un capteur de glucose en continu. Il accompagne la prise en main du matériel, la formation, le suivi régulier, et fait le lien avec le diabétologue.
Combien de personnes sont diabétiques ?
Dans le monde, l'OMS estimait à 828 millions le nombre d'adultes vivant avec un diabète en 2022.1,2 En France, plus de 4,3 millions de personnes étaient prises en charge pour un diabète de type 1 ou 2 en 2022 (Cour des comptes), dont environ 3,8 millions traitées pharmacologiquement (5,6 % de la population, Santé publique France, 2023). Ce nombre augmente régulièrement depuis 2015.4,7
2 Organisation mondiale de la Santé. Urgent action needed as global diabetes cases increase four-fold over past decades. Communiqué, 13 novembre 2024.
3 Darmon P, Bauduceau B, Bordier L, et al. Prise de position de la Société Francophone du Diabète (SFD) sur les stratégies d'utilisation des traitements anti-hyperglycémiants dans le diabète de type 2 — 2023. Médecine des maladies Métaboliques. DOI : 10.1016/j.mmm.2023.10.007.
4 Santé publique France. Diabète — Données (prévalence 2023 : 5,6 % de la population, plus de 3,8 millions de personnes traitées pharmacologiquement).
5 American Diabetes Association Professional Practice Committee. 2. Diagnosis and Classification of Diabetes: Standards of Care in Diabetes—2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl. 1):S27-S49. DOI: 10.2337/dc26-S002.
6 Riddle MC, Cefalu WT, Evans PH, et al. Consensus Report: Definition and Interpretation of Remission in Type 2 Diabetes. Diabetes Care 2021;44(10):2438-2444. DOI : 10.2337/dci21-0034.
7 Cour des comptes. Prévention et prise en charge précoce du diabète. Rapport du 8 juillet 2025 (4,3 millions de personnes atteintes de diabète de types 1 ou 2 en 2022).
8 Organisation mondiale de la Santé. Diabetes — Fact sheet (mortalité 2021 : diabète et maladies du rein liées au diabète > 2 millions de décès).
9 Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Le diabète gestationnel — Recommandations pour la pratique clinique, 2010 (J Gynécol Obstét Biol Reprod 2010;39(Suppl. 2)).
10 Hart PA, Bellin MD, Andersen DK, et al. Type 3c (pancreatogenic) diabetes mellitus secondary to chronic pancreatitis and pancreatic cancer. Lancet Gastroenterol Hepatol 2016;1(3):226-237. DOI : 10.1016/S2468-1253(16)30106-6.
11 Woodmansey C, McGovern AP, McCullough KA, et al. Incidence, demographics, and clinical characteristics of diabetes of the exocrine pancreas (type 3c): a retrospective cohort study. Diabetes Care 2017;40(11):1486-1493. DOI : 10.2337/dc17-0542.
12 Petrov MS, Basina M. Diagnosing and classifying diabetes in diseases of the exocrine pancreas. Eur J Endocrinol 2021;184(4):R151-R163. DOI : 10.1530/EJE-20-0974.
13 World Health Organization. Use of Glycated Haemoglobin (HbA1c) in the Diagnosis of Diabetes Mellitus. Genève : OMS, 2011.
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15 World Health Organization. World report on vision. Genève : OMS, 2019.
16 Marx N, Federici M, Schütt K, et al. 2023 ESC Guidelines for the management of cardiovascular disease in patients with diabetes. Eur Heart J 2023;44(39):4043-4140. DOI : 10.1093/eurheartj/ehad192.
17 Afssaps (devenue ANSM). Suspension de l'utilisation des médicaments contenant de la pioglitazone (Actos, Competact) en France, juin 2011 (risque de cancer de la vessie). La rosiglitazone avait été retirée du marché européen en 2010.
18 American Diabetes Association. 6 Glycemic Goals, Hypoglycemia, and Hyperglycemic Crises: SoC 2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl.1):S132–S149. DOI : 10.2337/dc26-S006
19 American Diabetes Association. 12. Retinopathy, Neuropathy, and Foot Care: SoC 2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl.1):S261–S276. DOI : 10.2337/dc26-S012
20 American Diabetes Association. 7. Diabetes Technology: SoC 2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl.1):S150–S165. DOI : 10.2337/dc26-S007
21 American Diabetes Association. 5. Facilitating Positive Health Behaviors and Well-being: SoC 2026. Diabetes Care 2026;49(Suppl.1):S89–S131. DOI : 10.2337/dc26-S005
22 Hanaire H, Naiditch N, Melki V, Morcel P, Puech N, Scharbarg E, et al. Satisfaction with Home Healthcare Provider Service in Adults with Type 1 Diabetes Using a Hybrid Closed-Loop System: The SATURN Study. EMJ Diabetes. 2023;11(1):57-67. DOI : 10.33590/emjdiabet/10303508. Étude soutenue par Air Liquide Santé International (NCT04635280).
23 Assurance Maladie (ameli.fr). Suivi d'une personne diabétique : les fondamentaux — diabète reconnu en affection de longue durée (ALD).
24 Fédération Française des Diabétiques. Hypoglycémie : reconnaître les signes et réagir (règle des 15, resucrage, conduite à tenir).
25 Karakuş, K. E. (2023). Effects of Diabetes Technologies on Decision Making Feedback Loop in Type 1 Diabetes
En cas d'hypoglycémie (glycémie inférieure à 0,70 g/L), avec faim, sueurs, tremblements ou vertiges, appliquer la règle des 15 : prendre 15 g de sucres rapides (2–3 morceaux de sucre, un verre de jus de fruit), puis recontrôler la glycémie 15 minutes plus tard. Toute hypoglycémie sévère ou répétée doit être signalée au médecin.18,24