Troubles du sommeil et somnolence au volant

Quel impact sur la conduite ?

Publié le août 28, 2025

4 minutes

La fatigue et la somnolence, les principaux symptômes de l’apnée du sommeil, sont-il des facteurs de risque importants d'accidents de la route ? VitalAire Portugal s’est associé avec l’organisme de Prévention Routière Portugaise (PRP) pour mesurer l’impact des troubles du sommeil sur la conduite. Est-ce comparable aux risques induits par la conduite sous l’emprise de l’alcool, la vitesse excessive ou l’inattention ? Pourquoi les signes avant-coureurs comme les bâillements répétés ou la difficulté à garder les yeux ouverts ne sont pas pris au sérieux par les conducteurs ? 

La fatigue et la somnolence au volant sont des facteurs de risque souvent sous-estimés, qui jouent pourtant un rôle important dans les accidents de la route. Selon l’étude « Fatigue, somnolence et troubles du sommeil - Quel impact sur la sécurité routière ? », réalisée auprès de 1 002 conducteurs portugais, la fatigue représente 30 % des accidents de la circulation.

Des données alarmantes sur la fatigue et l'endormissement au volant

L'étude de la Prévention Routière Portugaise (PRP) en partenariat avec VitalAire a révélé une réalité préoccupante.

  • La Fatigue représente 30% des accidents de la route

  • 1/4 conducteur présente une somnolence excessive

  • 1/5 conducteur présente un risque élevé de vivre avec l'apnée du sommeil

  • 33% conducteurs admettent conduire dans un état de somnolence extrême

  • 9,4% conducteurs ont déclaré s'être déjà endormis au volant

Pourquoi se sent-on somnolent quand nous conduisons ?

Les personnes atteintes d'apnée du sommeil subissent une fragmentation de leur repos nocturne. Leurs micro-réveils répétés empêchent une récupération efficace, provoquant une dette de sommeil chronique qui fragilise leurs capacités physiques et mentales. Sur l’échantillon, les conducteurs professionnels, les travailleurs postés et les jeunes sont particulièrement vulnérables à la fatigue en raison d'horaires irréguliers ou décalés et de leur mode de vie qui augmentent le risque de somnolence au volant. La position statique prolongée derrière le volant favorise également l'apparition d'une somnolence, particulièrement lors des longs trajets monotones.

Perception du risque et comportement adopté

Bien que 86,9 % des conducteurs reconnaissent qu'il ne faut pas conduire en état de somnolence et que 91,4 % admettent que cette condition augmente le risque d'accident, un nombre inquiétant de conducteurs minimisent le danger.

  • 9,6 % des personnes interrogées affirment qu'elles continueraient à conduire même en état de fatigue ;
  • 18,4 % pensent pouvoir conduire en toute sécurité, même en état de fatigue ;
  • 5,2 % considèrent qu'il est acceptable de conduire avec des difficultés à garder les yeux ouverts.

La fatigue au volant : un facteur de risque négligé

La fatigue a un impact similaire à celui de la conduite sous l'emprise de l'alcool, de la vitesse excessive ou l’inattention. L'étude révèle que 29,7 % des conducteurs impliqués dans un accident au cours de l'année écoulée citent la fatigue ou la somnolence comme cause principale. En outre, 44,9 % ont déclaré avoir eu un accident évité de justesse, dont 20,9 % étaient liés à la fatigue ou à la somnolence.

Les fausses bonnes idées pour lutter contre la fatigue De nombreux conducteurs ont recours à des stratégies peu efficaces pour lutter contre le sommeil au volant. Monter le son de la radio (34,3 %) ne réveille pas et risque de masquer les signes d'alerte. Baisser les vitres ou allumer la climatisation (40,8 %) crée une illusion temporaire qui disparaît en quelques minutes. La consommation de café (28,9 %) offre une fausse sensation de sécurité car son effet stimulant est passager.

Que faire en cas de somnolence au volant ?

Les mesures les plus efficaces restent les moins adoptées :

  • S'arrêter pour faire une sieste (11,2 %), considérée comme efficace par 82,5 % des conducteurs ;
  • Demander à un passager de prendre le volant (13,0 %), considérée comme efficace par 86,5 %.

L’impact des troubles du sommeil sur la conduite

L'étude a également révélé qu'un conducteur sur cinq présente un risque élevé de souffrir d'apnée obstructive du sommeil, une affection qui compromet la qualité du repos et augmente la somnolence diurne. En outre, 10,7 % des conducteurs ont déclaré avoir un trouble du sommeil diagnostiqué, les plus courants étant l’insomnie (53 %) et l’apnée du sommeil (41 %). La dette de sommeil altère significativement les réflexes. Une nuit de sommeil perturbé ralentit le temps de réaction et réduit le champ de vision périphérique. Les capacités d'anticipation sont donc très diminuées.

Sensibilisation et de la prévention

De nombreux conducteurs sous-estiment les risques et surestiment leur capacité à faire face à la fatigue, en adoptant des stratégies inefficaces qui augmentent le risque d'accidents

Alain Areal, President de la Prévention routière portugaise

Il est essentiel d'investir dans des campagnes de sensibilisation et de prévention concernant les dangers de la fatigue et de la somnolence au volant, en révélant sur leurs impacts et en mettant l’accent sur l'importance de leur traitement approprié

La réduction du nombre d'accidents passera par une approche 360° alliant des campagnes d’information sur les dangers de la fatigue au volant; des infrastructures routières plus sûres (telles que des aires de repos et des bandes sonores) ; des technologies de sécurité détectant la fatigue ; la formation des conducteurs et une plus grande implication des entreprises dans la lutte contre la fatigue au travail.

En partenariat avec l’agence de sécurité routière (Prevenção Rodoviária Portuguesa, PRP),  la filiale de la santé à domicile de Air Liquide Healthcare au Portugal, VitalAire a consulté plus de 1000 conducteurs. Des questionnaires en ligne ont permis d’évaluer à la fois leur somnolence et leur risque de d’apnée du sommeil.